Les violences obstétricales ou gynécologiques : comment les reconnaître ?


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Nombre de mamans, ou de femmes, qui me suivent ont subi des violences gynécologiques ou obstétricales - bien que parfois elles n'en ont pas conscience. Car ce n'est pas si évident... Comment les reconnaître ? Qu'est-ce qui est une violence, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Petit décryptage de celles qu'on nomme plus communément les VOG.



Les VOG : qu'est-ce que c'est ?


Dans son rapport de 2018, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes définit les violences obstétricales et gynécologiques comme étant les "actes sexistes les plus graves qui peuvent se produire dans le cadre d’un suivi".


Pour l'IRASF (l'Institut de Recherche et d'Actions pour la Santé des Femmes), ce sont "un ensemble de gestes, de paroles, d'attitudes et d'actes médicaux qui vont toucher à l'intégrité physique et mentale des femmes de façon plus ou moins sévère".


Ces violences exercées sur les femmes par des professionnels de la santé peuvent avoir lieu lors d'un suivi gynécologique, lors d'une grossesse, lors de l'accouchement, ou pendant le post-partum.



Les violences qui sont contraires à la loi


Malheureusement, selon leur degré et les actes (ou non actes) commis, toutes ne sont pas considérées comme illégales, bien qu'elles soient toutes intolérables. Celles qui vont à l'encontre de la loi sont :

  • Les avances sexuelles explicites.

  • Refuser des actes sans raison médicale valable : refuser une contraception, refuser un anesthésiant ou anti-douleur, etc.

  • Les injures sexistes, racistes, grossophobes, etc. Tout propos injurieux est une violence. Tout sous-entendu ou réflexion sur ce que vous êtes n’a pas lieu d’être en consultation.

  • Les actes non consentis : hors urgence vitale qui doit être prouvable, un acte non expliqué, non consenti, est une violence.

Le consentement peut se retirer à n’importe quel moment, si vous avez dit oui, puis à cause d’une gêne ou douleur vous dites non, c’est non. Continuer malgré votre demande d’arrêter est une violence.


Exemples d'actes obstétricaux violents si non consentis :

Une épisiotomie réalisée sans consentement, ou malgré un refus par exemple, est considérée comme un acte non consenti.

Le point du mari, ce point qui resserre l'entrée du vagin plus que nécessaire, pour le plaisir du mari, est une violence.

L'injection d'ocytocine, la percée de la poche des eaux, l'expression abdominale (appuyer très fortement sur le ventre du bébé pour le faire sortir - cette pratique ne devrait plus avoir lieu depuis 2007 selon l'avis de la Haute Autorité de la Santé), l'utilisation d'instruments tels que les ventouses, forceps ou spatules...

Ces actes doivent être expliqués à la future mère qui a le droit de les accepter ou de les refuser.


Exemples d'actes gynécologiques violents si non consentis :

Les actes effectués sur les parties intimes sans consentement sont considérés comme des agressions sexuelles. Ainsi, un toucher vaginal effectué sans accord de la patiente est un viol au regard de la loi. La notion du plaisir sexuel de la personne qui effectue l'acte n’entre pas en ligne de compte, vous subissez une invasion de vos parties sexuelles, sans consentement ou par surprise, c’est la définition légale d'un viol.

De même l'insertion de spéculum, de sonde, ou de quoique ce soit d'autre, doit être fait avec votre accord. Accord que vous donnez pour chaque personne. Dire oui à un examen par votre gynécologue ne veut pas dire oui à la dizaine d'interne qui le suivent, si vous ne le souhaitez pas.


Rappel de la loi Kouchner du 4 Mars 2002 Droit au consentement éclairé : "Aucun acte médical ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé* de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment"

*Vous devez avoir tous les éléments nécessaires à la compréhension de votre situation médicale pour que le consentement aux actes médicaux et aux traitements soit considéré comme libre et éclairé



Reconnaître les Violences Obstétricales et Gynécologiques - A fleur de Mamans


Les violence "douces"

Mais peut-on vraiment dire d’une violence qu’elle est douce ?


Je les appelle ainsi car elles ne créent pas un traumatisme, et sont à ma connaissance pas punissable légalement. Mais elles restent inappropriées et ne devraient pas avoir lieu lors d'une consultation :

  • Les jugements ou l’infantilisation : des phrases type "ne faites pas l’enfant vous en avez vu d’autres", "vous êtes trop douillette", "vous avez trop d’enfants", "vos tatouages ne sont pas assez féminins", etc.

  • La non prise en compte de la gêne : vous avez le droit de ne pas vous mettre entièrement nue, de garder le haut ou de rhabiller le bas avant la suite d’une consultation. Vous avez le droit de dire que vous êtes mal à l’aise, que vous avez mal, etc. Ne pas prendre en compte votre gêne n’est pas normal.

Ces choses peuvent fortement marquer une femme, surtout si ce sont des choses subies de multiples fois. L'impact peut être grand, il est donc important de ne pas les laisser passer, et de changer de praticien.ne.



Impact sur les jeunes mères


Si des violences ont lieu lors de l'accouchement ou en post-natal, elles peuvent fortement impacter le post-partum. Les violences physiques entraînent forcément un rétablissement plus long et compliqué. Mais l'impact le plus important est celui psychologique, car ces violences entraînent un sentiment d'impuissance, d'invisibilité, d'humiliation, de douleur, mais aussi des pensées culpabilisantes et une honte qui entretiennent le mal-être psychique. Et ce mal-être peut participer à la dépression du post-partum, ou bien parfois provoquer des symptômes du stress post-traumatique. Cauchemars, évitement, sons insupportables qui ramènent à ces violences, anxiété, troubles du sommeil, etc.


Je vois trop de mamans qui ont subi cela, et qui en souffrent. C'est injuste, complètement anormal, et cela empêche complètement de vivre pleinement sa vie de famille, de profiter de son enfant. C'est pour cette raison que j'ai choisi d'accompagner en priorité les mères, et les femmes qui ont subi cela.


Heureusement, ces troubles peuvent se soigner, et il est tout à fait possible de s'en remettre et de mener une vie sereine. Retrouvez en page d'accueil en quoi je peux vous aider dans ce sens. N'hésitez pas sinon à en parler à des proches, à écrire ce que vous ressentez si cela vous aide, ou à vous faire accompagner en thérapie. Le plus important est de trouver la voie qui vous fasse du bien.


Conclusion


Le meilleur indicateur pour savoir si vous avez subi des violences ou pas est comment vous vous sentez après le rendez-vous. Si vous vous sentez mal et que ce n’est pas lié à un facteur médical (un diagnostic ou autre), c’est qu’il y a eu un problème…



Vous pouvez signaler un.e professionnel.le à l’ordre concerné (médecins, sage-femmes, etc), à l’IRASF, à l’établissement concerné par un courrier au directeur et/ou au chef de service, ou à la Commission des Usagers de l'établissement.


Plus d'infos sur les recours possibles dans un prochain post sur ce blog.


Les violences obstétricales et gynécologiques sont anormales, ne les banalisons pas. Osons en parler, les dénoncer, les refuser.


Appel à témoignage


Vous avez subi des violences et souhaitez raconter votre histoire ? Je publie régulièrement des témoignages anonymes sur ce blog, pour que des personnes qui auraient vécu des choses similaires se sentent moins seules. Pour m'envoyer un témoignage, rdv en commentaire de ce post, sur la page contact, ou sur mon instagram.